Format : poche
Pages : 315
Editeur : J’ai Lu
Collection : Aventures & Passions
Sortie : 15 septembre 2008
Prix : 6,50 €
Résumé de l’éditeur :
The Raven Prince
THERE COMES A TIME IN A LADY’S LIFE...
Widowed Anna Wren is having a wretched day. After an arrogant male on horseback nearly squashes her, she arrives home to learn that she is in dire financial straits. What is a gently bred lady to do ?
WHEN SHE MUST DO THE UNTHINKABLE...
The Earl of Swartingham is in a quandary. Having frightened off two secretaries, Edward de Raaf needs someone who can withstand his bad temper and boorish behavior. Dammit ! How hard can it be to find a decent secretary ?
AND FIND EMPLOYMENT.
When Anna becomes the earl’s secretary, both their problems are solved. Then she discovers he plans to visit the most notorious brothel in London for his “manly” needs. Well ! Anna sees red—and decides to assuage her “womanly” desires . . . with the earl as her unknowing lover.
Avis de Callixta :
Voici le premier roman d’Elizabeth Hoyt, The raven prince, qui sera bientôt publié en français.
Elizabeth Hoyt a actuellement publié quatre romans, et bientôt cinq en version originale et c’est un sans-faute pour cette auteur brillante, fine et intelligente.
The Raven Prince est le premier d’une trilogie centrée autour de trois amis très différents. Ici, les héros sont Edward de Raaf, comte de Swarthingham et Anna Wren. Tous deux sont veufs et si Anna a décidé de mener une vie simple et pauvre auprès de sa belle-mère, Edward a décidé de convoler pour enfin produire un héritier.
L’une des grandes forces de Elizabeth Hoyt est de définir avec précision des personnages à la fois classiques et différents. Souvent, en peu de mots, peu de précisions, elle parvient à donner une idée claire de qui sont ses héros et à nous les rendre étonnamment proches.
Edward est un homme solitaire qui a perdu toute sa famille de la variole alors qu’il était petit. Il est lui-même marqué par cette maladie puisqu’il en gardé des cicatrices qu’il juge hideuses. C’est un homme imposant, doté d’un caractère emporté ( les objets volent beaucoup chez lui !), passionné d’agriculture. Ce n’est pas du tout un noble élégant et qui fréquente les salons londoniens. De la même façon, Anna mène une vie étriquée dans son petit village, sans espoir de remariage ( quelle ne souhaite pas d’ailleurs) après la déception éprouvée auprès de son précédent époux. Celui-ci l’a trompée et elle n’a pu avoir d’enfants.
Après une première rencontre plutôt brutale qui donne une idée assez négative du comte à Anna, celle-ci par nécessité va entrer à son service comme secrétaire. Elle est la première femme après une longue lignée d’hommes qui ont rendu leur tablier !
Anna va très vite se sentir attirée par cet homme qui réveille des désirs chez elle et plus que ça aussi. Edward n’est pas indifférent mais résiste vaillamment. Il a d’autres projets. Tout va basculer lorsqu’elle prend l’improbable décision de le suivre à Londres où elle sait qu’il va se rendre dans son bordel préféré.
Je ne suis pas une adepte des histoires de ce type : les femmes du monde qui deviennent des courtisanes expérimentées lorsque l’on tourne une page en dépit de toute vraisemblance mais avec Elizabeth Hoyt, cela fonctionne, et j’adhère totalement. Cela reste bien la preuve que le talent permet de tout faire passer ! C’est très bien écrit, très bien analysé aussi. Ce qui est alors remarquable est l’équilibre entre les scènes sensuelles et l’émotion qui monte lentement mais sûrement.
Les scènes sensuelles le sont vraiment. Elles sont écrites dans un langage très explicite et disent précisément les choses. Elles sont nombreuses et très bien amenées. Sur ce point aussi, Elizabeth Hoyt est brillante. Elles viennent enrichir les relations complexes, profondes, tendres qui se nouent entre les deux héros. Anna est une héroïne comme on les aime maintenant, qui ne se laisse pas faire et sait prendre des initiatives. Edward a un côté maladroit et brutal qui cache sa vulnérabilité et sa fine intelligence.
L’histoire est très bien construite avec une intrigue secondaire qui s’ébauche avec deux sœurs prostituées de leur état que rencontre Anna. A travers leur histoire, c’est une évocation du sort des femmes exerçant le plus vieux métier du monde qui se dessine. Si Anna joue ce rôle durant quelques scènes, on ne peut oublier la condition terrible des prostituées de cette époque et derrière elle, celle des femmes qui n’avaient pas d’autres moyens pour s’en sortir.
Les personnages secondaires sont eux aussi parfaitement définis, là aussi, en quelques phrases qui tout de suite font naître une idée précise de qui ils sont.
Elizabeth Hoyt illustre son roman d’un conte de fée dont elle est l’auteur. Ici, comme dans les autres livres d’ailleurs, le titre du conte est celui du roman. Les épisodes du Prince Corbeau ( The raven prince) sont en en-tête de chaque chapitre et c’est une très belle histoire qui fait comme un écho à celle d’ Anna et Edward.
Terminons en disant qu’Elizabeth Hoyt a souvent des petits traits d’esprit ironiques qui ponctuent discrètement son histoire et qui ne manquent pas de sel et que son évocation de la période de la fin du dix-huitième siècle britannique est très bonne : on sent que les moeurs ne sont pas celles de la Régence, la vie est encore très rurale et la richesse dans la terre alors que se dessine déjà la révolution industrielle.
Elizabeth Hoyt est une auteur à suivre impérativement. C’est sans doute l’une des meilleures nouvelles écrivains de romance. Et la très bonne nouvelle c’est que les lectrices françaises pourront la découvrir dès septembre sous le titre dramatiquement mauvais de Puritaine etcatin. J’en profite pour m’interroger sur les motivations qui peuvent pousser à trouver un titre pareil qui évoque un film érotique raté des années 70 alors qu’en anglais The Raven Prince ( le prince corbeau) était si poétique et si évocateur . Sabotage délibéré , moment d’égarement ?? En tous cas, ne vous arrêtez pas à ce titre et lisez ce livre !
Présentation de l’éditeur
Jeune veuve, Anna Wren vit avec sa belle-mère.
L’argent se faisant rare, elle envisage de travailler comme préceptrice, car elle sait le grec et le latin. Malheureusement, dans l’Angleterre de 1760, les emplois respectables pour dames ne courent pas les rues. Par chance, le comte de Swartingham cherche de toute urgence une secrétaire pour retranscrire ses écrits d’agronomie. Anna est engagée et apprend peu à peu à connaître le maître de Ravenhill Abbey, si impressionnant avec son visage ravagé par la variole.
Lord Swartingham est certes disgracieux, mais il a surtout mauvais caractère : bourru, coléreux, autoritaire, il cumule les défauts. Pourtant, Anna ne peut nier l’attirance qui grandit entre eux et s’impose bientôt, les laissant seuls face à une passion que la société de l’époque réprouve.
Avis de Valérie
La qualité d’écriture, la construction minutieuse de l’intrigue, la talent dans l’élaboration des personnages (principaux, secondaires et même tertiaires) ne sont pas habituels dans une première oeuvre. Pourtant, Elisabeth Hoyt signe là son premier roman, et l’on ne peut qu’être époustouflé devant le résultat.
Alors que le départ est un petit peu trop classique, l’auteur construit ensuite un roman sentimental, certes, mais qui s’accommodent de plusieurs intrigues particulièrement bien liées, et dont les scènes plus chaudes sont extrêmement bien décrites et ne peuvent qu’émouvoir les lecteurs et lectrices. On peut même dire qu’elle renouvelle les expressions et les situations, choses devenues si convenues que c’est un soulagement.
Le détail peut-être le plus intéressant est qu’Elisabeth Hoyt donne à son couple-vedette un physique banal. En effet, Anna n’attire pas les regards, au contraire de Edward qui lui reçoit le dégoût de la part de ses contemporains à cause de sa peau grêlée par la variole, maladie qui a décimé sa famille.
Chaque nouveau ressort du récit est parfaitement bien amené et s’intègre harmonieusement à la trame. Les personnages secondaires sont décrits en quelques touches, mais prennent vie rapidement et l’on souhaite revoir certains comme le peu respectueux majordome Davis qui plus d’être sourd (ou de le simuler) est cacochyme ou, l’énigmatique Coral, jeune courtisane déjà aigrie et si blessée par la vie qu’elle n’a plus aucune illusion.
Ce délicieux roman n’a pas honte d’afficher sa couleur – rose - mais est si bien construit qu’il mériterait de sortir de son carcan. Comme il s’agit d’une série, on ne peut que ronger son frein en attendant le suivant.
Bravo à l’éditeur d’avoir pris le risque de sortir cet opus malgré un titre particulièrement difficile à porter (en anglais il s’agit de The raven Prince, titre plus joli mais moins évocateur). Il a remporté notre totale adhésion.
Si pour vous Romance historique est synonyme de mièvrerie et de sentiments tièdes, passez votre chemin, ce roman n’est pas pour vous ! Foin de sentiments tièdes, ici la passion affleure à chaque page. Si pour vous les héros de romance ne peuvent être que jeunes et beaux, oubliez définitivement ce roman, vous ne pourriez qu’être déçus ! En revanche, si vous êtes à la recherche d’un auteur qui renouvelle avec bonheur la thématique de la romance, dont le héros est défiguré et l’héroïne banale physiquement, ce roman est fait pour vous.
Tout comme les héros sont hors normes, l’intrigue, malgré une entame des plus classiques bifurque assez vite sur des chemins de traverse et emporte le lecteur dans une aventure peu banale. Si peu banale qu’on pourrait hausser oser les sourcils devant l’invraisemblance de certaines situations et pourtant non. On accepte tout même le plus insolite et pire on en redemande ! N’allez pas croire cependant, que vous avez entre les mains un roman parodique mettant en scène des personnages caricaturaux, rien ne serait plus faux. Les personnages profondément marqués par leur passé, essaient tant bien que mal de faire avec ce que la vie leur a donné ou plutôt avec ce que la vie leur a laissé. Et c’est avec courage qu’ils affrontent une vie qui leur promet plus d’amertume que de miel… jusqu’à ce qu’un Destin facétieux ou compatissant ne les mette en présence l’un de l’autre. Ils verront alors leur vie bouleversée à jamais et prendre une direction inattendue.
Chaque chapitre s’ouvre sur un épisode de la légende du Prince Corbeau (The Raven Prince, titre original du roman). Les férus de mythologie reconnaîtront sans peine le mythe de Psyché et Eros à peine transposé.
Puritaine et catin est un roman qui se déguste, dont on apprécie chaque nuance dans la psychologie des héros, chaque méandre dans le fil de l’intrigue, un roman dont on soupçonne qu’à chaque nouvelle lecture on saisira une bribe, un élément qui avait échappé à la précédente. En un mot, c’est ce que les anglo-saxons appellent un « Island Keeper », un roman qu’on emporterait sur une île déserte, car c’est un livre dont on ne se lasse pas. Alors qu’attendez-vous pour découvrir un des auteurs majeurs de la nouvelle romance historique ?
Avis de Marnie :
Avec ce premier tome de sa trilogie axée sur l’amitié entre trois hommes très différents qui ont en commun leur passion pour les réformes agraires, Elizabeth Hoyt fait une entrée fracassante dans l’univers de la romance historique. A l’instar de Amanda Quick, ou Julie Garwood, elle tente de renouveler les comédies « classiques » en jouant avec les anachronismes.
Honnêtement, c’est loin d’être facile et pourtant elle y réussit avec brio grâce à une vraie qualité pour ciseler ses dialogues, un entrain communicatif, une entrée en matière « moderne » où les héros sont immédiatement en scène de confrontation, des passages sensuels étonnamment osés, et surtout une introspection pour chacun des héros qui sonne juste, approfondissant les caractères et les rendant humains et attachants.
Même si l’intrigue est au départ des plus classiques, les rebondissement attendus, l’évolution reste imprévisible nous rendant avides de découvrir la suite des évènements. Elizabeth Hoyt maîtrise son récit en lui apportant à chaque fois son originalité ainsi qu’une certaine dérision que nous trouvons dans tous ses romans qu’ils soient historiques ou contemporains. Elle possède aussi le talent de créer des personnages secondaires ayant du relief et de la présence ce qui enrichit considérablement le récit, alors que ses deux héros avec leurs défauts, leurs qualités ont ce petit quelque chose de plus qui les rend inoubliables.
L’équilibre est parfait entre eux deux et nous nous régalons de leurs démêlées intimes comme des obstacles que certains méchants s’obstinent à mettre devant leurs pas. L’histoire possède un aspect flamboyant et une « grande » touche d’humour virevoltant et primesautier en totale adéquation avec vraie intelligence dans l’écriture et une émotion sous-jacente. Une des grandes réussites du genre !
2008-06-29 09:34:57 : The raven prince ( Puritaine et catin ) de Elizabeth Hoyt par Marnie
Bon déjà, je sollicite un prêt (un de plus !) n’ayant pas envie de voir amputer ce bouquin de 30% de ses scènes coquines, et de lire un roman intitulé "je présente mes fesses à tous les passants".
J’adore ce genre de héros moi, celui qui est bougon, qui casse tout sur son passage, qui gueule tout le temps et certainement qui a tout du nounours attendrissant à l’intérieur.
2008-07-01 19:16:58 : The raven prince ( Puritaine et catin ) de Elizabeth Hoyt par Emmakens
Bravo pour cet article et j’adhère tout à fait à la critique du titre en français, quelle horreur !!!!
On pourrait penser à du sabotage délibéré... qui sait, peut être que toutes les scènes seront également édulcorés avec un "ils montèrent dans la chambre".
Emmakens
2008-09-18 12:51:26 : The raven prince ( Puritaine et catin ) de Elizabeth Hoyt par Domino
Ces deux critiques ne donnent qu’une envie : se jeter de toute urgence sur ce roman ! Je suis l’affût de nouveaux auteurs qui renouvellent le genre romance Régence et je vais inscrire cet auteur sur mes tablettes ! Je me joins au concert de lamentations au sujet d’un titre particulièrement...nul !
2008-09-18 14:45:12 : The raven prince ( Puritaine et catin ) de Elizabeth Hoyt par Purdey
Je sais pas quel est le mot utilisé en anglais qui a été traduit par catin dans le roman, car c’est un mot souvent utilisé puisqu’il est question d’un lieu de plaisir appelé communément appelé bordel à Londres, mais ça serait intéressant de savoir... Callixta ?
2008-09-18 19:27:49 : The raven prince ( Puritaine et catin ) de Elizabeth Hoyt par Callixta
Je ne sais plus quel mot est utilisé dans le roman et je l’ai prêté !
Je trouve ce titre racoleur, laid et peu révélateur de l’intrigue réelle. Il est question de catin, si on veut, de bordel mais certainement pas de puritanisme et cela est une partie seulement de l’intrigue. Est-il besoin sur un livre comme celui-là de faire comme pour les mauvais et de donner des titres avec "courtisane, prostituée" dedans comme Petersen ou Bennett le font pour faire croire qu’il y en a ? Il n’y a pas de courtisane ( c’est plutôt ça qu’une catin d’ailleurs !) dans ce roman mais quelqu’un qui utilise cette "profession" pour atteindre ses buts auprès d’un seul homme.
D’ailleurs les livres que j’ai lus où l’héroïne est vraiment prostituée, le titre n’en parle pas : The secret pearl de Balogh ou The precious jewel, par exemple.
En plus je suis très attachée à ce que l’auteur choisit. Or ici elle met l’accent sur les contes qui accompagnent le roman. Pourquoi l’ignorer ?
2008-09-18 20:28:02 : The raven prince ( Puritaine et catin ) de Elizabeth Hoyt par Purdey
A un moment dans le roman, on parle de son attitude "puritaine", je me demande si ce n’est pas Felicity qui se moque d’elle. Je n’aime pas le titre, c’est clair, mais je le trouve plus en résonance avec l’écrit que celui en rapport avec le conte, que j’ai personnellement pas aimé et pas trouvé intéressant. Cette histoire est connue pour être un conte de la Comtesse de Ségur en moins intéressant, le sexe en plus. Je n’essaye pourtant pas de dire que c’est mieux, mais qu’il n’est pas incompréhensible.
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