Un second avis - Oh ! Que Sherry Thomas a du talent ! Dégustez ce livre où une femme qui règne sur les palais de la noblesse britannique finit par trouver l’amour.
J’ai Lu - A&P - n° 9331
Delicious
Résumé de l’éditeur :
Célèbre à Paris, scandaleuse à Londres, Verity Dunant est renommée pour sa cuisine alléchante et pour sa choquante vie amoureuse. Mais c’est la moindre des surprises qui attend son nouvel employeur quand il arrive dans sa propriété de Farleigh Park après la mort inattendue de son frère.
Stuart Somerset est un avocat et sort des bas-fonds de Manchester. Il est même devenu un espoir de la vie politique anglaise. Pour lui, Verity Durant n’est qu’un nom et la nourriture ne sert qu’à s’alimenter...jusqu’au jour où il goute un de ses plats. Il n’a connu ce genre d’attraction pour une femme qu’une seule fois dans sa vie, lors d’une seule nuyit passée avec une jeune femme qui avait disparu au matin. Dix ans, c’est long pour poursuivre le festin mais quand Verity arrive à sa table, il ny’ a qu’une seule chose qui peut assouvir ses appétits. Mais il ne sait pas où cela va le conduire car Verity a un secret dans son passé qui pourrait les dévorer tous les deux.
Avis de callixta novembre 2008
Sherry Thomas avait fait une entrée remarquée dans la romance avec un premier livre excellent, Private arrangements où son talent d’écrivain et sa connaissance de la romance éclataient. Son deuxième roman était évidemment très attendu et Delicious ne devrait pas vous décevoir tellement il renouvelle le genre et vous emmène avec lui.
Sherry Thomas a concocté, mijoté un roman gourmandise où le sujet et est la gastronomie et l’héroïne une cuisinière. C’est aussi un conte de fée revendiqué comme tel par l’auteur qui dès le tout début du livre annonce qu’il pourraît bien s’agit d’une nouvelle version de Cendrillon.
La petite souillon est ici Verity Durant, une brillante cuisinière employée par Bertram Somerset. Celui-ci, à la surprise générale, meurt brutalement et bien trop jeune à trente-huit ans, lèguant son titre et ses biens à son frère, Stuart. Fâchés depuis de longues années, les deux hommes ont évolué de façon différente. Bertram a coulé des jours heureux à la campagne alors que Stuart est devenu un brillant homme politique dont la carrère est sur le point de prendre son envol définitif grâce au vote d’une loi sur l’Irlande. [1]. La mort de Bertram va bousculer le fragile équilbre de Stuart qui s’apprêtait à se marier et celui de Verity Durant, sa cuisinière mais aussi ancienne maîtresse...et tellement d’autres choses.
Difficile de résumer davantage un tel livre qui, comme un riche repas, va satisfaire toutes vos envies et tous vos besoins.
Il faut tout d’abord saluer le style impeccable de Sherry Thomas qui colle à l’époque qu’elle a choisie comme un gant. Le vocabulaire est riche et évocateur, les formules originales, les métaphores brllantes. Par bien des aspects, elle se repproche d’une auteur inconnue en France et qui malheureusement n’écrit plus : Judith Ivory. Il y a ce style si personnel et cette pointe d’ironie qui assaisonne la lecture. Sherry Thomas admire cet écrivain, cela se sent et elle a le talent nécessaire pour l’évoquer sans l’imiter.
La construction du roman est également remarquable. L’histoire est simple quand on a fini le roman mais complexe par toutes ses ramifications et ses conséquences. Sherry Thomas nous apporte petit à petit les éléments de la vie de Verity, de Stuart, de leur couple mais aussi d’autres personnages qui tournent autour d’eux et l’on ne devine l’ampleur des souffrances endurées que lorsque l’on a tourné la dernière page. Entre temps, on a passionnément voulu les deviner !
Verity et Stuart sont deux personnages exceptionnels, richement décrits, ciselés par tous les détails que l’on apprend sur eux, sur leur vie, sur ce qu’ils sont. Ils ont connu un parcours presque opposé. Verity, de haute naissance a chuté dans l’échelle sociale de la façon la plus classique qui soit. Stuart, enfant naturel, a, à la force du poignet mais aussi grâce à un peu de chance réussit à échapper à sa condition subalterne. Il n’aurait pas dû se croiser, n’aurait jamais dû s’aimer mais le sort et la cuisine peut-être en ont décidé autrement. Ils se sont vus une fois et le coup de foudre a été immédiat, tellement profond qu’ ils ont compris tous deux que c’était pour la vie. Mais, les choses n’ont pas été si simples. La deuxième rencontre aura le même impact bien qu’elle soit ténue, que Stuart ne sache pas que c’est celle qu’il a rencontré avant...Qu’y a-t-il de plus romantiques que ces amours qui résistent au temps, à l’impossible ? Sherry Thomas réussit à nous faire croire à cette histoire envers et contre tout.
Et puis, il y a la cuisine et l’appel sensuel qu’elle représente : les sauces aériennes, les soufflés, légers, le chocolat fondant...Une véritable fête des sens qui va profondément déranger l’austère et sérieux Stuart, celui qui n’a jamais aimé manger, celui qui ne satisfait ces besoins là que parcequ’il faut manger pour vivre. C’est par ce biais que Verity va l’atteindre.
Et comme le talent de Sherry Thomas est vraiment complet, il y a une excellente romance secondaire entre le secrétaire de Stuart, William Marsden et la fiancée de Stuart. Là aussi, la conqûete de l’une par l’autre est une merveille du genre, une subtile séduction par des dialogues brillants et notamment un jeu de mot autour des orchestres symphoniques ( lisez le livre, vous comprendrez !). Et que dire du personnage remarquable de Michael, l’enfant adoptif du garde chasse dont l’identité des parents biologiques demeure trouble ?
Sherry Thomas réussit à renouveler le genre de la romance historique de façon magistrale. Non seulement l’histoire explore un terrain qui a été peu foulé ( une jeune femme déclassée qui travaille en cette Angleterre victorienne) mais elle va là où la romance s’arrête en général. Verity n’a rien d’une virginale héroïne avec ses trois amants dont un qui a été celui d’une nuit. Le mariage est gentiment bousculé avec des héros presque prêts en s’en passer. Nos deux personnages ont eu une longue vie compliquée et perturbée, ils en portent les stigmates. Ce sont aussi des adultes qui s’assument et réagissent comme tels face aux coups de la vie. C’est toujours très agréable d’avoir des histoires d’amour qui parlent aux adultes.
Bien sûr, la fin est peut-être un peu trop heureuse et l’amour entre Verity et Stuart est un coup de foudre, une prise de conscience brutale et définitive mais elle convient à ces deux personnages. Et puis, Sherry Thomas avait annoncé qu’elle écrivait un conte de fée. Cendrillon-Verity, bien qu’elle ait fini par croire que les princes charmants restaient des crapauds et que la marâtre l’emportait toujours, découvre que Stuart est venue la ravir sur son blanc destrier. Réjouissons-nous avec elle de cette merveilleuse histoire !
Avis de Marnie
Ce mois-ci paraît Délicieuse, qui constitue en fait, l’exemple idéal de ce que doit être une romance historique "moderne", soit une idée profondément originale, un traitement qui présente quelques surprises, de grands sentiments, une profondeur captivante, un contexte extrêmement bien documenté, des dialogues enlevés, piquants, acerbes, amoureux, humoristiques et passionnés, et une histoire envoûtante qui ne peut laisser le lecteur indifférent, mêlant avec finesse l’art de la table et le sentiment amoureux.
Rythmée par des petits flash-backs qui éclaircissent avec habileté les scènes du présent, et construite de façon très astucieuse, presqu’à la manière d’un thriller, cette histoire pourtant limpide, est une sorte de page-turner que l’on ne peut laisser de côté avant de l’avoir terminée. Les deux personnages principaux sont complexes et nuancés, avec des défauts et des qualités, des forces et des faiblesses qui les humanisent, nous les rendant profondément proches, évolutifs et passionnants. Ils possèdent aussi un lourd passé, ont fait chacun des sacrifices et bien entendu, ont beaucoup souffert... notamment de la faim, ce qui ici a une connotation particulière, vu le contexte.
Il faut souligner l’écriture soignée, adulte et vraiment brillante de Sherry Thomas, dont le talent est impressionnant. Ajoutons qu’Anne Busnel est une traductrice de qualité, totalement au service de l’auteur, utilisant un vocabulaire très riche, qui retranscrit parfaitement l’atmosphère du récit imaginé par Sherry Thomas. Cette traductrice est également à l’aise ce mois-ci avec le troisième volume de la saga des Travis, La peur d’aimer, de Lisa Kleypas, dont elle a fidèlement su rendre le langage familier et la légèreté. Nous terminerons avec la pochette choisie, raffinée et piquante et voici un roman dont on a plaisir à garder dans sa bibliothèque et que nous relirons avec toujours autant de plaisir ces prochaines années.
Est-il utile de préciser que Délicieuse, mérite amplement son nom et représente une des meilleures romances historiques de l’année ?
[1] C’est une allusion assez développée au Home Rule, une loi qui visait à donner un statut d’autonomie à l’Irlande. Le premier ministre Gladstone échouera pusieurs fois à la faire passer
2008-11-05 11:49:02 : Delicious de Sherry Thomas par Marnie
bon j’achète aussi sec... mais qu’est-ce qu’elles ont toutes à écrire des romances avec du chocolat partout ???? ça donne trop envie ! Sherry Thomas était "prometteur" il semble ici qu’elle confirme !
2008-11-05 11:52:50 : Delicious de Sherry Thomas par Gaelle
Comme Marnie ... euh en fait ... plus tard, mais je note !
Tu n’as pas honte d’attiser la goumandise/ convoitise de tes copines ?? lol
2008-11-05 11:54:53 : Delicious de Sherry Thomas par Tisha
Comme marnie, j’achète de suite, le mélange des délices sensuels et culinaires et une chose a laquelle je ne peux resister :)
2008-11-05 12:10:11 : Delicious de Sherry Thomas par Callixta
C’est un roman très différent de celui de Laura Lee Guhrke même si le sujet est proche. La critique US est moins enthousiaste que moi, trouvant que l’histoire entre les deux héros n’est pas crédible. Je comprends l’argumentation mais j’ai tout de même totalement adhéré. Il y a un lien entre ces deux héros qui dépasse la raison et passe par les sens.
J’ai contacté Sherry Thomas puisque je l’avais interviewée il y a quelques temps. Elle m’a dit qu’elle avait eu beaucoup de mal à écrire ce livre et qu’elle avait désespéré d’en faire quelque chose de réussi. L’intrigue est compexe et riche et je ne doute pas que ce soit difficile à faire mais pour moi, elle a atteint son but ; Le prochain me plaît déjà...J’attends avec impatience de le lire !
A l'exception des illustrations qui en l'absence d'une mention spécifique sont copyrightées, le contenu de ce site est couvert par la licence C
reative Commons :
Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France
Vous êtes libres :
de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public
Selon les conditions suivantes :
Paternité. Vous devez citer le nom de l'auteur original de la manière indiquée par l'auteur de l'oeuvre ou le titulaire des droits qui vous confère
cette autorisation (mais pas d'une manière qui suggérerait qu'ils vous soutiennent ou approuvent votre utilisation de l'oeuvre).
Pas d'Utilisation Commerciale. Vous n'avez pas le droit d'utiliser cette création à des fins commerciales.
Pas de Modification. Vous n'avez pas le droit de modifier, de transformer ou d'adapter cette création.
A chaque réutilisation ou distribution de cette création, vous devez faire apparaître clairement au public les conditions contractuelles de sa mise
à disposition. La meilleure manière de les indiquer est un lien vers cette page web.
Chacune de ces conditions peut être levée si vous obtenez l'autorisation du titulaire des droits sur cette oeuvre.
Rien dans ce contrat ne diminue ou ne restreint le droit moral de l'auteur ou des auteurs.