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mercredi 26 mars 2014

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Interview de Gilles Milo-Vaceri

Blue-Moon : Que pouvez-vous nous raconter sur vous personnellement ?

Gilles Milo-Vacéri : Je ne parle que très rarement de ma vie privée. Cela dit, ma vie reste banale ou complètement atypique aux yeux de beaucoup. Je ne voulais pas d’une vie simple et bien rangée, avec un cursus, certes tout à fait respectable pour autrui, comme passer le bac, faire ses études, se marier, faire des enfants, travailler, attendre la retraite... Un petit tour et puis s’en vont ! Ce genre de vie me faisait peur car j’imaginais bien que l’on s’y ennuyait à mourir, que l’on ne découvrait rien et qu’on y apprenait encore moins. Vers mes dix ans, j’avais déjà lu Jules Verne, Saint-Exupéry, London, Dumas... Et j’avais compris que je voulais vivre l’aventure avec un grand A, voir d’autres pays, d’autres cultures. Devenu grand, j’ai suivi mes rêves d’enfant et réalisé des choses un peu hors normes. Je l’ai souvent payé très cher mais je ne regrette rien. Et n’allez pas croire que je suis issu d’un milieu favorisé, bien au contraire ! Je me suis simplement donné les moyens de mes ambitions un peu folles. Je pense que c’est cela qui m’a ouvert l’esprit à la tolérance, au rejet de tout intégrisme, sous quelque forme que ce soit et imposé le principe de Liberté comme modus vivendi. Sinon, je suis un homme tout à fait normal... Enfin, presque !

BM : Quel est selon vous votre principale qualité et votre pire défaut ?

GMV : Eh bien, mon plus grand défaut est que je suis obstiné comme un régiment de mules... et c’est aussi ma principale qualité ! Rires... Je pense avoir la qualité de mon défaut et vice-versa, surtout dans ce métier des plus difficiles ! Pour redevenir sérieux, mon plus gros défaut est d’être rancunier dans le sens où je n’oublie jamais rien, le bien comme le mal. Je n’ai pas l’esprit de vengeance à tous prix, généralement, c’est la vie qui me sert sur un plateau un juste retour des choses. Côté qualités, je dirai simplement que si je tombe neuf fois, je me relèverai dix fois, c’est une seconde nature chez moi. Avec mon passé militaire, de nombreuses aventures, des voyages souvent dangereux, j’ai appris à ne jamais renoncer.

BM : Je crois savoir que vous avez commencé à écrire très jeune, vous souvenez vous du sujet de votre premier écrit ?

GMV : Oui, bien sûr ! J’ai commencé avec de petits poèmes, mal versifiés et très loin de toute prosodie. Peu m’importait, j’avais trouvé l’écriture comme exutoire à un mal-être et je pensais qu’en jetant mes feuilles de papier, je jetais aussi la douleur ou la tristesse que j’y exprimais en filigrane. J’ai noirci de plus en plus de pages volantes, puis des cahiers entiers – autrefois il n’y avait pas d’ordinateur – et je n’ai malheureusement rien pu sauver de cette époque. Poèmes, nouvelles, micro romans, les écrits de cette époque survivent dans ma tête, certains gravés dans mon cœur pour toujours et de toute manière, ces textes, je ne les aurai partagés avec personne. Les sujets étaient nombreux mais l’aventure, les voyages, le danger revenaient souvent. Disons que je préférais Tintin ou Black et Mortimer, au journal de Mickey.

BM : Vous avez quasiment abordé tous les genres dernièrement : l’érotisme, la poésie, le policier, le thriller…dans lequel vous sentez vous le plus à l’aise où plutôt quel est celui qui « vous donne le moins de travail ».

GMV : Vaste question auquel je vais tenter de répondre simplement. Tous et aucun... Et là, je pense qu’il faut développer ! Rires... J’ai la chance d’avoir un esprit et donc une plume protéiforme. J’aime écrire dans tous les genres, sauf l’horreur et ce qui relève de la SF où je ne suis pas très à l’aise. Ma nette préférence va à l’histoire et tous mes récits ont un fondement historique, de l’antique au contemporain, afin de les rendre crédibles. Ma plus belle récompense c’est lorsqu’un lecteur m’écrit en demandant si mon récit est réel ou purement fictif. J’ai donc réussi à l’emmener au-delà du rêve et à semer le doute en lui. C’est une belle récompense ! Je travaille tout autant un thriller qu’une scène érotique ou qu’un périple à bord d’un vaisseau corsaire du XVIIIe siècle ! Je suis perfectionniste et éternel insatisfait ! Je traque l’information, je confirme mes maigres connaissances par une recherche assidue, je rassemble ma documentation et ensuite j’écris. Quel que soit le genre, c’est mon procédé habituel auquel s’ajoutent les fiches personnages, le story board, etc. L’écriture en elle-même me prend peu de temps car avec cette organisation quasi chirurgicale, je peux ensuite laisser libre cours à mon imagination et me consacrer entièrement au récit proprement dit.

BM : Sans rien renier quel est le genre qui vous intéresse le plus et pourquoi ?

GMV : Tous les genres m’intéressent, du moins, ceux dans lesquels j’écris régulièrement. Avec la poésie, j’ai exprimé d’anciennes douleurs, je me régale avec les thrillers et les polars, j’adore l’histoire quelle que soit l’époque, l’érotisme est un plaisir en soi... Je trouverai toujours un attrait particulier pour chacun de ces domaines. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est l’érotisme qui demande beaucoup de travail et plus de polissage, d’approfondissement... C’est à la portée de n’importe qui de raconter une scène de sexe. La mêler à un scénario crédible avec une véritable intrigue, cela devient beaucoup plus difficile. Ne pas sombrer dans la pornographie de bas étage propulse l’érotisme vers un genre littéraire très difficile et peu accessible. Et comme j’aime la difficulté...

BM : Détrompez-moi mais à de rares exceptions près deux thèmes sont récurrents dans vos récits : l’amour et la femme ?

GMV : J’évoquais la crédibilité dans une précédente question, par conséquent, parler d’amour, de femme, de sexe ou d’argent, c’est parler de la vie réelle, celle que nous traversons tous, avec des espoirs secrets, des fantasmes, des rêves ou des buts, parfois illusoires, que nous souhaitons atteindre ou réaliser. Ensuite, j’aime la Femme, dans la plus grande acceptation de sa symbolique si mystérieuse. Bien souvent, mes personnages principaux sont des femmes, ou s’ils ne le sont pas, il y a toujours un second pivot, excentré et féminin. Loin d’être macho ou séducteur, j’apprécie le sexe opposé pour sa richesse et sa complémentarité indiscutable. Quant à l’amour, n’est-ce pas le principal but humain sur cette terre ? J’ai un côté fleur bleue que j’assume totalement, comme mon côté féminin d’ailleurs. Une belle histoire d’amour complète harmonieusement une fiction érotique ou même un polar. C’est une certitude ! C’est sans doute pour cela que je surprends mes lectrices car lorsque mon héros est une femme, je peux me glisser dans son esprit trop de difficultés. Comme, par exemple, dans ma série Les défis d’Angie (Éd. Harlequin – HQN) où l’héroïne, Angie, tient le premier rôle. Je la fais penser, parler, agir comme certainement fait une femme, avec ses convictions et ses doutes, sans oublier ses contradictions parfois déstabilisantes, ses faiblesses touchantes ou encore sa force de caractère inébranlable. C’est un avantage que je cultive, acquis à force d’écoute, de respect et ma recherche de compréhension du sexe opposé. Alors, quand des féministes me tombent dessus, cela m’agace prodigieusement car leur jugement est foncièrement injuste pour ne pas dire insultant. Vous ne trouverez jamais, dans aucun de mes textes, une image dégradante ou infériorisante de la femme. Mais peut-être que ces féministes en question ignorent tout des jeux de l’amour, quand il s’agit d’une entente tacite entre deux adultes consentants ? À chacun son désert...

BM : L’histoire tient une grande place dans vos écrits, n’est-ce pas un peu frustrant de se voir avec une étiquette « auteur populaire » ?

GMV : Oh que non ! Je suis très fier de cette étiquette, car elle me fait plaisir et m’honore sans jamais me frustrer, bien au contraire. Mais revenons au sens étymologique, voire au bon sens tout court, pour mieux comprendre ma vision des choses. Je suis plus proche du peuple que des élites, surtout dans ce monde littéraire aux chimères si nombreuses. Faire de la paralittérature et du roman de gare, en étant auteur populaire, cela ne signifie qu’une seule chose à mes yeux... Les universitaires et les académiciens ne me lisent pas, au profit de ceux qui vivent normalement, en cherchant leur part de rêve légitime. Je préfère être lu par les seconds, à qui je ressemble en tous points. C’est tellement plus gratifiant ! Vous n’imaginez pas quel est mon plaisir quand une lectrice me dit qu’elle a rêvé ou ressenti une douce émotion, lorsqu’un lecteur vient me parler d’un détail, même insignifiant, ou encore, qu’un couple me remercie pour lui avoir suggéré par mes écrits de tenter une nouvelle expérience... C’est dans ces moments-là que je trouve ma véritable récompense et que je suis conforté dans mes choix et mes orientations. Si être populaire, c’est être vrai et humain, alors oui, je le revendique fermement !

BM : Sans vouloir le scoop, pouvez-vous nous parler de votre prochain livre ?

GMV : Bien qu’ayant plusieurs projets en cours et ne manquant pas d’idées, le prochain sur lequel je travaille actuellement, sera un roman historique qui se déroulera au cours de la seconde guerre mondiale. Une approche un peu différente de la Résistance... Je n’en dirai pas plus !

Pour en savoir encore plus sur cet auteur touche-à-tout, allez faire un tour sur son blog qui non seulement vous permettra d’en apprendre un peu plus sur lui, mais également sur de nombreux sujets ayant trait aux livres. Blog officiel : http://www.milovaceri.com/

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